La désignation d’un classique et le discours à propos d’Une si longue lettre

Le récit court de Mariama Bâ démontre l’expérience de la polygamie comme institution africaine après la décolonisation. L’analyse de Brahimi et Trevarthen désigne le texte une instance du réalisme au même style de Balzac. Dans une conversation des romans classiques du période après les deux guerres mondiales, ce commentaire fait deux choses contradictoires ; d’abord il met au même rang de qualité les écritures d’une femme postcoloniale avec Balzac et canonise l’œuvre de la première, mais ensuite il étudie anachroniquement Une si longue lettre d’une manière qui met en question la place du roman dans le canon du vingtième siècle. Donc, malgré le contenu féministe qui se coïncide avec de Beauvoir et Sarraute, le style tant qu’on l’analyse complique l’inclusion de ce roman dans un cours qui se concerne aux classiques français et francophones du vingtième siècle.

            D’un côté, le forme que Bâ emploie égale ceux des autres œuvres classiques. Un roman épistolaire perturbe l’attendu d’un roman au point que le lecteur doive lire avec attention aux concepts de l’audience imaginé parmi d’autres lectures narratologiques. Une si longue lettre rompe cette structure en construisant une lettre romanesque en raison de sa longueur qui maintient la structure d’une épistolaire. Du coup, Bâ peut s’informer de la culture du griot africain, qui raconte oralement des histoires assez longues avec la conscience d’une audience et donc le forme n’a rien à voir avec l’histoire littéraire française. Cependant, le roman est écrit en français, et « L’Afrique de Ramatoulaye est une Afrique laïque mais qui n’en a pas moins envie d’être africaine et qui n’éprouve aucune culpabilité à cet égard » (Brahimi et Trevarthen 82). L’identification africaine est théoriquement plus rejetée pendant l’ère de l’écriture d’Une si longue lettre. 

            De l’autre côté, cette comparaison avec Balzac détruit la continuité temporelle du discours féministe dans le texte. Elle déplace le texte dans un temps liminal, qui n’appartient ni à XIXème siècle ni le XXème non plus. Comme texte postcolonial, Une si longue lettre doit être comparée au mouvement du Nouveau Roman et les raisons pour lesquelles le texte ne s’adhère pas aux conventions de ce mouvement littéraires pour renforcer l’idée de canonicité dans le XXème siècle de la littérature française et francophone.

Références :

Brahimi, Denise et Anne Trevarthen. ”Femmes en lutte,” Les femmes dans la littérature africaine. KARTHALA-CEDA: Paris/Abidjan, 1998. 75-83.

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