Tropismes : innovation du classique français

Nathalie Sarraute arrive dans la littérature française à la veille du Nouveau roman ; ses œuvres jouent donc avec tout ce qui comprend le roman en tant que forme, sujet, drame, personnages, et c. Son roman Tropismes a été publié en 1939, avant ce mouvement littéraire en France, et republié en 1959, à l’émergence du Nouveau roman, et il a gagné de répute critique pour Sarraute (BAC). Grâce à cela, Tropismes mérite la désignation d’un classique français car le texte enveloppe les caractéristiques qui viennent du criticisme littéraire et définissent un mouvement littéraire auquel plusieurs écrivains s’inscrivent. 

            Pour commencer, le récit des Tropismes rejettent la forme romanesque du passé avec sa structure comprise des vignettes. Ce type de récit contredit directement les unités d’Aristote, qui ont été populaires sous la littérature du réalisme : le précèdent de Sarraute (Études littéraires). Une des unités stipule qu’il faut une seule tension dans un récit réussi. Par exemple, les grands récits comme ceux de Balzac n’a qu’un déroulement du drame ; même si ces drames contiennent plusieurs bouleversements parmi sa lecture, ils mènent à un dénouement unifié. En revanche, dans le petit texte de Sarraute y comprit vingt-quatre chapitres de peu de pages à chacun. Cette forme nécessite une variation dans le style de l’auteur, dans laquelle la conception d’un roman change complètement ; on ne suit pas un récit vraisemblable, sinon un œuvre abstrait qui interroge les questions centrales à l’art d’écrire.

            Ensuite, les personnages dans Tropismes diffèrent des personnages d’un texte plus réaliste. Ils existent sans noms, et il n’est pas certain qu’ils continuent d’un chapitre à un autre. L’anonymat et la discontinuité ne permettent pas aux lecteurs de se rapprocher des personnages, ce qui s’appelle la distance esthétique, comme dans un texte du siècle avant. Cependant, les personnages arrivent à représenter une pluralité d’identités d’une manière vagues mais compréhensibles à la fois. Ainsi Tropismes montrent un éventail de particularités consommées dans l’expérience humaine qui influent les « mouvements automatiques d’attraction…ou de répulsion » entre les êtres humains, qui fonctionne en tant que définition de tropismes pour le texte de Sarraute (Howlett 72). Autrement dit, la caractérisation des personnages dans Tropismesjoue un grand rôle dans l’investigation d’une question centrale à l’œuvre de Sarraute, qui lui permet de penser autrement qu’auparavant en changeant le style du classique.

            Avant de procédér, il faut affirmer que cette définition des tropismes métaphoriques fonctionne pour ce texte au niveau narrative. Pour commencer, Bertrand-Jennings cite que Sarraute définit son adaptation du mot « tropisme » :

« Ce sont des mouvements indéfinissables, qui glissent très rapidement aux limites de notre conscience ; ils sont à l’origine de nos gestes, des nos paroles, des sentiments que nous manifestons […] ils se développent en nous et s’évanouissent avec une rapidité extrême, sans que nous percevions clairement ce qu’ils sont, produisant en nous des sensations souvent très intenses, mais brèves » (Bertrand-Jennings 78).

Du coup, la définition de Howlett contient un aspect qui lie les personnages ou les personnes, mais celle de Sarraute elle-même se concerne dans un sens émotif et cérébral. En revanche, cette distinction entre les deux définitions peuvent manifester en même temps. D’un part, comme exemple de la définition de Howlett, dans chapitre quatre « elles baragouinaient des choses à demi exprimées » ; la situation commence par une action que tout le monde comprend, et cela fonctionne à la fois comme une attraction entre le lecteur et les personnages et entre les personnages eux-mêmes (Sarraute 27). D’un côté, le lecteur veut savoir plus du contenu de leurs conversations et les personnages compris dans ces conversations. D’autre côté, les personnages montrent une pratique de se rapprocher laquelle le lecteur comprend comme une association des personnages dans une amitié. Donc, les deux groupes s’unissent autour de cette action de baragouiner. Ensuite, le fait que plus bas « elles jouaient un jeu, elles se pliaient à quelque chose » démontre une séparation entre les « elles » et le « il » qui peut comprendre une séparation entres les êtres du récit. Donc, ce chapitre démontre que la définition de Howlett d’un tropisme entre les êtres humains comme des mouvements naturels d’attraction ou de répulsion fonctionne bien. 

            D’autre part, cette scène peut être lue avec la définition de Sarraute. L’homme dans cette vignette demande aux les femmes de son propre égoïsme en réponse à la distinction entre lui et elles. De plus, les petits mouvements de « une baguette qu’il maniait tout le temps comme pour les diriger » commence un tropisme, qui créent le sentiment éprouvé par elles dans cette scène (28). Cette conception de mouvement structure la vignette entière, de la conversation entre elles, aux cries de l’homme, et même à la résignation signifiée dans          « l’épuisement » des pensées finales de la vignette (29). L’égoïsme de l’homme crée un tropisme selon Sarraute en raison de la production d’une réaction physique dont la perception de la réalité entre les personnages émerge : une réalité qui n’a pas besoin des conventions typiques dans la littérature du mouvement précédent mais structure une réalité imaginée aussi bien que les précédents. Bien que la définition de Sarraute révèle plus d’une idée concrète de ce qui signifie le texte, cette définition nécessite celle de Howlett avec les interdépendances entre les personnages et avec le lecteur comme imaginateur. 

            Pour continuer avec cette analyse des personnages, les personnages du récit existent dans la distance esthétique mentionnée antérieurement afin de préférer des situations dans lesquelles ils se trouvent que leurs réactions aux mêmes situations qui se déroulent. Par exemple, si on analyse le chapitre IX du roman, on entre dans une interaction entre un homme et une femme où l’homme se fâche contre la femme et réfléchit à lui dire mais ne peut pas trouver ni ces mots ni l’approche appropriée dans laquelle il peut la gronder (Sarraute 57-9). C’est une situation d’inaction ; l’homme ne fait rien, et on lit à propos plus de sa mentalité que de la situation soi-même. Dans cette vignette, il s’agit du personnage mâle et sa caractérisation plus que du drame qui s’étend entre les deux personnages, et dû à cela, on ne peut guère commenter sur des interactions interpersonnelles qu’on aurait fait avec des textes réalistes. Par contre, on peut estimer l’état d’esprit du personnage mâle et la mélange de résignation et d’anxiété qu’il éprouve en parlant « sans arrêt, de n’importe qui, de n’importe quoi, à se démener…sans s’arrêter, sans une minute à perdre, vite vite, pendant qu’il en est temps encore, pour la contenir, pour l’amadouer » (58). Puisqu’il ne peut s’approcher du sujet dont il préférerait parler, il se justifie en parlant sans discrimination afin de capturer et de maintenir l’attention du personnage femelle, résigné à un objet du désir sans action, parce qu’en gros à cette scène manque de l’action, dans cette structure romanesque. En résume, Tropismes met en relief les personnages et leurs positions par rapport au drame et non pas le déroulement des scènes elles-mêmes. Sarraute subvertit le roman classique du siècle avant en interrogeant des questions différentes avec son écriture : questions à propos de l’humanité dans une certaine situation comme auparavant, mais sa fascination reste dans l’intériorité du personnage et pas dans son réification dans le monde du texte.

            La caractérisation dans Tropismes démontre une innovation littéraire qui bouleverse le roman français de la deuxième moitié du XXe siècle. L’intériorisation de la personnification influe le mouvement littéraire de la décennie suivante après une cinquantaine d’années du réalisme comme une inspiration pour des changements à la forme littéraire. Les personnages continuent à faire ce qui font leurs antécédents, mais cela manifeste dans une manière nouvelle pour la littérature française. Leur rôle dans l’interrogation des thèmes centraux change d’une présentation des actions et des conséquences de ces actions à l’investigation soi-même de la nature humaine qu’on perçoit dans les pensées des personnages. Du coup, ce nouveau technique d’écrire la littérature indique une intériorisation du concept de la réalité humaine ; la perception de ce qui est vrai a régressé à l’esprit en raison d’une méfiance du monde extérieur. Donc, la réflexion de cette phénomène socioculturelle dans la littérature montre la pensée avant-garde de Sarraute avec ce roman. Comme un agent du change dans la lecture française, Tropismes doit être considérés comme un roman classique ; sinon les œuvres qui suivent Sarraute ne peut pas être considérés ainsi non plus.

            Le commentaire sur l’unité du drame a démontré l’usage des personnages d’une mode innovante, mais de plus, les autres unités d’Aristote sont rejetées. Bien que le réalisme ne s’inscrive pas à l’idée d’un seul jour dans un récit, Sarraute va plus loin en éliminant une continuité du temps. La juxtaposition et relation des vignettes sont peu claires telle que chaque chapitre crée un sens temporel complètement distinct des autres. Sans un sens de temps, le récit structure autour du concept de l’intériorité des personnages comme question centrale de ce qui consiste de la réalité représentée dans la littérature française.

Ensuite, l’unité d’un seul endroit est perdue aux Tropismes dans la même manière que l’unité d’un jour. Par exemple, l’action est présentée dans le premier chapitre autour des maisons suspendues presque dans une vide, parce que la sensation d’être dans la rue entre des maisons est accessible à plein du monde (Sarraute 11). Puisque cette action ne se présente pas parmi toutes les vignettes du récit, on peut comprendre que les actions ne se définissent pas bien. En raison du manque de description dans les actions des chapitres, l’idée d’une unité n’est pas nécessaire. Le récit se déroule dans un espace vaguement défini. Néanmoins, les circonstances démontrent des expériences humaines qui peut se passer avec n’importe qui.

Donc, l’incongruité entre les unités populaires d’un texte pendant le mouvement réaliste et « l’ère du soupçon, » comme Sarraute l’a décrite dans un autre roman, suggère que Tropismes perçoive une expérience humaine — même une réalité — plus universelle à son essentialité. Sans des paramètres qui contrôlent le récit, le Nouveau roman, dont Tropismes est l’originel et l’inspiration, s’achève à étendre la conception d’un roman classique.

            Un détaille intéressant des Tropismes c’est que le roman a été publié deux fois, et la deuxième fois était contemporaine avec Alain Robbe-Grillet (Howlett). De plus, les critiques ont comparé les deux textes comme le commencement du Nouveau Roman et les juxtaposent même si l’écriture de Sarraute a précédé celle de Robbe-Grillet. Il est possible que le technique de Robbe-Grillet vienne de celui de Sarraute dans Tropismes, et la considération de l’œuvre de l’homme comme un classique nécessite que son précédent se considère aussi comme un classique, à cause de l’origine des idées structurelles de l’écriture. Sinon, le critique n’a point de place dans la construction ni d’un canon ni de la définition d’un classique, car la mise en question des structures classiques de la littérature a commencé avec Sarraute et Tropismes, et donc ce qui désigne à Robbe-Grillet comme un classique nécessairement constitue la raison pour laquelle Tropismes est un roman classique de la littérature française. 

            De surcroît, la conception d’un roman s’étend avec cette désignation. Cela ne conforme pas aux œuvres du passé considéré canoniques. Puis, la différentiation suit des idéologies de l’histoire. Tout simplement, le criticisme et la philosophie influent la littérature classique avant et après avoir écrit les romans, tous les deux.

            Par conséquent, Tropismes maintiennent une relation, avec le réalisme, compliquée par sa divergence des conventions littéraires. D’une manière cette relation s’apparaît dans le vingt-troisième chapitre ; la juxtaposition d’une mention des écrivains réalistes après une description suggère que cette vignette soit une réflexion sur la tradition littéraire :

« Ils étaient trop laids, ils étaient plats, communs, sans personnalité, ils dataient vraiment trop, des clichés, pensait-elle, qu’elle avait vus déjà tant de fois décrits partout, dans Balzac, Maupassant, dans Madame Bovary [sic], des clichés, des copies, la copie d’une copie, pensait-elle »      (Sarraute 133).

Peu importe ce qui tente de signifier par « ils » et « elle », car « ils » se voient dans les romans des réalistes. Afin de penser à ce qu’ils représentent, il se peut que le récit fasse référence aux personnages des romans réalistes. Cependant, l’intéressant se trouve dans les adjectives que Sarraute utilise. L’idée d’un personnage « laid », « plat », et « commun » n’inspirent pas un sens du réalisme, et la réaction d’elle montre cette inégalité entre la réalité et cette description des personnages. Les trois verbes de son réaction sont « repousser… empoigner et…rejeter », dont l’effet sur le lecteur, si on donnait qu’elle soit réelle, imposerait une séparation entre ce qui est réaliste et la représentation des « ils » qui se trouvent souvent dans les œuvres de Balzac et Maupassant. Donc, Sarraute critique la désignation des réalistes comme des écrivains d’une forme de réalisme, et l’implication se base sur l’écriture de Sarraute en tant que réalisme, et son réalisme qui représente une nouvelle version : accessible aux diverses expériences de l’humanité dans son simplicité puisque le mouvement réaliste désigne des expériences et exclure ceux qui n’existent pas dans ces expériences. Au moins, Sarraute fait un effort de revendiquer implicitement une représentation comme la réalité et ouvre cette idée avec Tropismes aux notions plus vagues de ce qui comprennent la réalité humaine.

            En somme, Tropismes jouent beaucoup avec le criticisme du mouvement qui l’a précédé et les structures de ce qui concernent la représentation d’une réalité dans la littérature. Le roman fait référence aux limitations de la littérature réaliste dans sa propre forme et la construction d’un personnage. Pour aller plus loin, l’idée d’un personnage se met en question pour créer une définition du tropisme pour Sarraute elle-même. De plus, Sarraute revendique les conventions et commencent un mouvement d’une décennie qui continue cette revendication des structures classiques et compose une nouvelle conception de la littérature. Les manières diverses dans lesquelles Tropismes manifestent contre les conventions littéraires avec le bouleversement complet des unités d’Aristote indiquent l’emploi des nouvelles structures dans le but d’indiquer que la société ne perçoit plus la réalité dans le monde extérieur mais dans l’intériorité de soi. Le fait que Sarraute fait tout cela dans le roman justifie que Tropismes apparaissent dans le canon des classiques littéraires français, et les nombreux textes qui le succèdent avec la désignation d’un classique ne seraient pas ainsi sans les mérites intellectuelles et littéraires du récit de Sarraute qui les précèdent. Pour conclure, l’engagement pensif avec le criticisme littéraire du roman engendre la trajectoire de la littérature française et sa relation proche avec les mouvements philosophes et sociologiques qui caractérise les antécédents classiques due Tropismes revendiquent.

Références 

Bertrand-Jennings, Chantal. “Nathalie Sarraute: Genèse d’une écriture.” The French Review, vol. 83, no. 1, 2009, pp. 78-89.

Biographie de Nathalie Sarraute. http://www.bacfrancais.com/bac_francais/biographie-nathalie-sarraute.php. Accédé 8 Oct. 2018. 

Howlett, Jacques. “Les Tropismes De Nathalie Sarraute.” Esprit (1940-), no. 263/264 (7/8), 1958, pp. 72–72. Accédé par JSTOR, www.jstor.org/stable/24254428.

Nouveau roman. https://www.etudes-litteraires.com/figures-de-style/nouveau-roman.php. Accédé 8 Oct. 2018.

Réalisme. https://www.etudes-litteraires.com/figures-de-style/realisme.php. Accessed 8 Oct. 2018.

Sarraute, Nathalie. Tropismes. Paris: Les Éditions de Minuit, 1957.

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