l’Été meurt
Nina de Villard (1843-1884)
L’été meurt. Sur les ceps pendent des grappes mûres ;
hors de l’armoire, on va secouer les fourrures
qu’embaumait la senteur faible du vétivert.
Pour la dernière fois allons dans le bois vert
où nous avons dormi sur un tapi de menthes,
dans la sérénité des chaleurs endormantes.
J’accrocherai les plis neigeux de mes jupons
aux ronces du sentier poudreux, grêles harpons ;
accordons-nous ce doux sursis d’une journée?
Nous ferons ramoner demain la cheminée.
Summer Falls
Translated by Nick Johnson
Summer falls. On the vines droop ripe fruits;
taken out of the wardrobe, the furs are going to be beaten
embalmed with the perfume’s faint fragrance.
For one last time let’s go into the green copse
where we have slept on a mint carpet,
in the calm of the drowsy heat.
My skirts will catch their snow-white folds
on the brambles of the powdery path, those minute thorns;
do we allow ourselves a sole day’s tender reminisces?
We will clear the chimney flue tomorrow.